Témoignage de Marcelline Béliveau

Dans le cadre du 50e anniversaire des Ailes de l’Espérance, nous vous proposons le témoignage d’une fidèle donatrice, Marcelline Béliveau, une personne de cœur très inspirante qui a changé la vie de centaines de Péruviennes et de Péruviens et qui a une belle histoire à raconter.

Je suis originaire de Ste-Clotilde-de-Horton et j’habite près de là, à Victoriaville depuis bientôt 5 ans. J’y avais fait mes études secondaires. Je suis mariée au même homme depuis 51 ans (hé oui! c’est encore possible)! Nous avons 3 enfants et 4 petits‑enfants. Deux de nos enfants assurent la relève de l’entreprise familiale dans le domaine de la construction. Je suis retraitée; je me tiens en forme en faisant de la marche et comme la lecture est l’un de mes passe-temps favoris, je me documente sur la façon de rester en forme et j’entretiens chaque jour ma santé spirituelle. Je réponds aussi à mon volumineux courrier reçu d’œuvres caritatives. J’aime également voyager.

Pourquoi Les Ailes de l’Espérance ?

J’ai découvert Les Ailes de l’Espérance en lisant un reportage, probablement dans une revue religieuse. La mission de cet organisme était à l’époque de transporter dans le petit avion des autochtones malades et pauvres vers un hôpital ou à tout le moins vers un dispensaire pour y recevoir des soins et cela à partir de régions très difficiles d’accès en Amazonie péruvienne. Ce travail missionnaire, qui était en fait du pilotage de brousse, m’avait interpellée. De plus, Les Ailes de l’Espérance œuvrent dans un pays mythique à mes yeux, le Pérou.

J’ai donc envoyé un premier don et la communication s’est établie et ne s’est jamais rompue. Depuis l’an 2000, l’approvisionnement en eau potable des populations éloignées et sans ressource dans les Andes et en Amazonie est devenue l’activité principale des Ailes de l’Espérance. Et la cause de l’eau me tient à cœur. L’eau c’est la vie!

Rêves de jeunesse

Notre maison était devenue trop grande pour nos besoins et comme on ne rajeunit pas, son entretien commençait à peser lourd. Nous l’avons donc vendue en décembre 2015 et le moment de réaliser des rêves de jeunesse était arrivé; le premier était l’achat d’une luxueuse voiture décapotable. Alors au printemps 2016, un bon matin de mai, décidée, je me suis rendue chez un concessionnaire mais je me frappe le nez sur une porte close; j’avais oublié que c’était la fête de Dollard. Je me suis dit que je reviendrais le lendemain.

Mais de retour chez moi, une réflexion s’empara de moi : avais-je vraiment besoin d’une voiture avec laquelle je ne roulerais que deux à trois mille kilomètres par année?

Oui, j’ai travaillé fort toute ma vie, je méritais bien cela. Commença alors un combat intérieur. Comme la nuit porte conseil, le lendemain matin, tout était clair dans ma tête; je n’achèterais pas cette voiture car je savais que cet achat me laisserait un goût amer; le bonheur n’était pas là. Pour moi, il était ailleurs.

Un autre rêve de jeunesse est alors remonté à mon esprit : celui d’aller au Pérou. Avec les années, j’avais eu la chance de rencontrer M. André Franche, le directeur des Ailes de l’Espérance et je m’étais dit « un jour, j’irai au Pérou avec lui! » Ce moment était-il venu?

J’ai relu la documentation que j’avais reçue des Ailes de l’Espérance mentionnant les projets prévus pour l’année 2016-2017; j’en ai choisi un à notre mesure : le financement total de l’approvisionnement en eau potable dans le village de Manzanayoc dans les Andes afin de réaliser le rêve de ces familles, boire de l’eau propre. J’en ai parlé à ma famille et deux de mes nièces étaient emballées à l’idée de planifier un voyage au Pérou pour assister à l’inauguration de ce projet.

Visite en famille au Pérou en 2017

C’est ainsi que nous sommes partis au Pérou en famille avec M. Franche, en juin 2017. Faisaient partie du voyage mon mari Jean-Jacques, notre fille Mariska, la globe-trotteuse de la famille et notre petit-fils Axel, 15 ans, que nous voulions conscientiser au fait que beaucoup d’humains sur terre travaillent chaque jour pour survivre et n’ont même pas encore accès à l’eau potable.

Après une nuit à Lima, nous avions rendez-vous à Ayacucho avec nos deux nièces Lyne et Hélène parties deux semaines plus tôt pour découvrir le Pérou avec leur sac à dos. Quelle joie intense lors des retrouvailles! M. Franche, pour qui le Pérou n’a plus de secret, nous guida vers un bon petit resto où nous avons fraternisé tous ensemble parmi les Péruviens. Il était là le bonheur!

L’eau coule à Manzanayoc

Le lendemain, nous partions tôt pour l’inauguration du projet; nous sommes arrivés quatre heures plus tard à Manzanayoc. La population du village qui avait travaillé très fort pour réaliser ce projet nous attendait avec fleurs, ballons, banderoles et tout endimanchée pour l’occasion. Nous sentions que c’était jour de fête au village. Nous avons eu droit à une visite des réservoirs d’eau et des installations avec les responsables locaux du projet. Après quoi, nous avons sabré le mousseux et avons été invités à partager dans la joie un repas traditionnel péruvien préparé par les villageois.

C’était avec une grande fierté que nous avons vu jaillir du robinet une eau saine, limpide, abondante, gage d’une population en meilleure santé. C’était merveilleux. L’eau arrive désormais à chaque maison, fini la corvée pour les femmes et les enfants d’aller chercher de l’eau, bien souvent de qualité douteuse à des kilomètres.

Et c’est aussi avec beaucoup d’humilité en étant conscients que ce que nous avons fait est une goutte d’eau dans l’océan de la misère humaine; cependant, nous continuons à donner en nous disant que notre goutte d’eau additionnée à celles des autres donatrices et donateurs font des miracles, nous en sommes témoins.

Je réalise que mes rêves de jeunesse ont eu un impact insoupçonné et ont contribué à améliorer la vie de nombreuses familles de Manzanayoc au Pérou, un vrai bonheur!

« Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le cœur humain puisse goûter. »
Jean‑Jacques Rousseau, écrivain, philosophe.

Vous pouvez consulter le bulletin Automne 2017 dans lequel Marcelline Béliveau relate son voyage au Pérou.

Dons en ligne : https://ailesdelesperance.org/donnez/
Ou par téléphone : 1 866 277-5111

Cet article a 7 commentaires

  1. Marcelle

    Inspirant, c’est tout ce que peux dire. Ça m’encourage à continuer.

  2. Thérèse Dalrymple

    Chère madame Marcelline,
    Croyez-moi, votre témoignage de générosité remarquable me touche beaucoup.
    En effet, le Seigneur était là, alors que la porte était fermée. LUI avait ses vues. Votre cœur a été très attentif à l’appel intérieur. Votre geste débordant de générosité a rendu tout un village dans la joie de vivre. Votre geste tel «une goutte d’eau dans l’océan de l’amour» a rejailli débordant de reconnaissance. On peut imaginer la joie de ces Péruviens, et la vôtre en présence d’une telle réjouissance. Mille mercis pour votre générosité débordante. «Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.»

  3. Ken Hilt

    Chapeau madame Béliveau!

  4. Nicole Bruneau Michel de Maupeou

    Merci pour ce beau témoignage Mme Marcelline, vous avez compris la voix de Dieu dans votre coeur. La voiture ou l’aide humanitaire?
    C’est un beau geste de gratuité et d’amour pour ce peuple qui sont dépourvu de biens matériels, essentiels.
    Au ciel, on ne garde seulement ce que l’on a donné. Merci pour votre générosité qui sera certainement contagieuse.

    Que cela fait du bien!

  5. Jean Rozon

    Ce témoignage nous donne une petite idée sur le travail que peuvent accomplir les sous contribués et accumulés. Je constate que ce petit peuple a besoin d’un coup de pouce de l’extérieur pour atteindre un minimum de confort et de dignité. Plus il y aura des sous, plus il y aura d’eau. Poursuivez votre beau travail afin que ces gens puissent jouir d’un peu de bonheur. Vous êtes une force que Les Ailes ont besoin.

  6. Angèle Berger

    Vraiment touchant, votre témoignage, Madame Marcelline. Qu’il nous éclaire dans nos choix pour le bien de nos frères et soeurs!
    Merci.

  7. Pierre Cadoret

    Très beau témoignage Madame Béliveau. J’ai eu le très grand plaisir de vous accompagner pour une partie de ce voyage et j’ai découvert en votre famille, des gens d’une grande générosité. Ce n’est pas seulement par vos dons mais par cette grande ouverture envers les autres. Un voyage comme celui que vous avez fait n’a rien d’un voyage touristique, ni par le confort ni par le choc culturel, il faut y mettre beaucoup de courage.
    J’espère que nos chemins se croiseront à nouveau.

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